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Association des Familles du Vésinet

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Harcèlement à l'école : des ados harcelés à en mourir

Ci-dessous un texte remanié d'après un article du 24 avril 2013 du Nouvel Observateur. Nous l'avons trouvé très intéressant, c'est la raison pour laquelle nous vous en faisons part.


 

"Il y a eu récemment des suicides de jeunes ados, souffre-douleurs de leurs camarades ou d’un groupe d’élèves ; les parents ont beau porter plainte et alerter le collège, le calvaire de leur enfant ne cesse pas. C'est une petite tyrannie souterraine, un serpent qui distille son venin sous les tables des salles de classe, dans les recoins des cours de récréation et jusque dans les smartphones et les ordinateurs familiaux, avec les insultes répétées en boucle sur les murs des réseaux sociaux. Un totalitarisme larvé qui broie insidieusement la confiance des victimes jusqu'à, parfois, les amener au pire.

 

Le commandant de police Roselyne Venot fait partie de ceux qui ne se résignent pas. Après avoir dirigé pendant dix ans la brigade des mineurs des Yvelines, elle a intégré en 2009 le Centre académique d'Aide aux Ecoles et aux Etablissements (CAAEE) et les équipes mobiles de sécurité de l'académie de Versailles, chargées d'intervenir contre les violences en milieu scolaire. Pour elle, le harcèlement est un fléau encore sous-estimé. Le harcèlement à l'école est souvent un phénomène collectif : un enfant est la cible d'un groupe mené par un leader.

 

Tout peut donner du grain à moudre au harceleur : physique, vêtements, couleur des cheveux ou de la peau, défaut d'élocution, place dans la classe, réussite scolaire. A un âge où le conformisme au groupe est une bouée de sauvetage, la moindre différence peut déclencher des remarques désobligeantes. Pris en grippe, l'élève harcelé est vite dans un piège dont il lui est difficile de sortir : solliciter les adultes, c'est trahir la communauté adolescente, dont il est déjà le mal-aimé. C'est aussi prendre le risque de se voir répondre qu'il exagère.

 

Que faire alors ?

 

 Des signes qui peuvent vous alerter : la baisse brutale et générale des notes dans toutes les matières, les retards fréquents en classe, l’absence à la cantine, ou le refus de sortir en récréation, l’appréhension de l’école…

 

Forte de son expérience de policière, Roselyne Venot estime que "l'essentiel est de sortir l'enfant de son statut d'élève et de le considérer comme une personne à plusieurs facettes. Il faut lui parler sans fermer aucune porte pour ne pas le braquer et ne pas louper une explication. Il vaut mieux dire à l'adolescent : 'J'ai remarqué des choses dans ton comportement qui me préoccupent, veux-tu en parler avec moi ?', plutôt que : 'Es-tu harcelé par des camarades ?'". Il faut garder à l'idée que l'adolescent, en matière de harcèlement à l'école comme de violences familiales, ne dira jamais tout ce qu'il a subi.

 

C'est souvent ce que les chefs d'établissement pensent d'ailleurs, quitte à frôler la non-assistance à personne en danger, et que les parents dramatisent. Pourtant,  il est important que les parents soient là quand le harcèlement est établi.

 

La victime doit s'entendre dire qu'elle est victime et le coupable comprendre qu'il l'est.  Dans tous les cas, il faut entendre les coupables séparément et ne surtout pas, malgré la tentation de pacifier les choses, organiser de médiation." De la même manière qu'on ne fait pas de médiation entre une femme battue et son mari frappeur, on ne demande pas à un enfant victime de trouver un arrangement avec son ou ses bourreaux".

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