suite de l'article de Marcel Rufo : rôle des grands parents et rythme scolaires

Publié le par Association des Familles du Vésinet

Les grands-parents ont-ils un rôle à jouer ?

Ils sont parfois une ressource de cette autorité bienveillante qui les a conduits à élever leurs enfants. C'est une autorité facile qui dit,» chez moi, tu ne joues pas à ta tablette, tu dis bonjour à ta grand-mère quand tu rentres, tu te laves les mains avant de manger, tu parles avec ton grand-père de la greffe des citronniers, tu vas avec lui au match de rugby, etc.» Surtout, les grands-parents sont l'arbre de vie. Et c'est d'autant plus intéressant qu'ils sont à temps partiel. Ils portent le passé vers un avenir pour qu'il reste vivant. C'est déjà énorme.

Trois quarts des Français rejettent la réforme des rythmes scolaires. Que leur répondez-vous ?

Pour les 15 % d'enfants qui arrivent au collège sans savoir lire ni écrire, c'est une réforme essentielle. La chronobiologie a bien montré qu'un enfant a besoin de proximité dans les apprentissages et non pas de rupture. Pour les gosses qui vont bien et dont les parents ont les moyens de les envoyer faire du théâtre, de la danse ou autre chose, ils sont libres de ne pas utiliser les moyens mis en place par l'État ou les mairies. Mais ceux qui n'ont pas les moyens, c'est quand même bien qu'ils aient une petite chance de pratiquer la culture, le sport, etc. Pour les 85 % restant, on peut aussi se poser la question d'une autre manière. Est-ce que les enfants qui vont bien n'ont pas aussi mission de s'intéresser très tôt aux plus fragiles pour que l'on soit une nation.

Cette enquête montre l'exigence des parents sur l'utilisation des écrans. Qu'en pensez-vous ?

À l'âge de 4 ans un enfant est déjà performant sur une tablette et bientôt il n'y aura plus que des tablettes à l'école, les universités seront en ligne. Pour les enfants malades, les dyslexiques, les retardataires, c'est génial. Les plus fragiles auront effectivement plus de risques de camper sur le virtuel parce qu'ils sont inhibés. Mais c'est plus un appel au secours qu'une maladie. Quant à la télévision, elle est à la fois incontrôlable et un outil de connaissance. Comme le sera la toile, très vite. Concernant les réseaux sociaux, il y a bien sûr les prédateurs qui guettent et c'est là où les parents doivent être pédagogues. Pas de blague, pas de confidentialité, s'il le faut. Sans oublier qu'éduquer, c'est toujours accompagner en respectant l'intimité de l'autre.

Propos recueillis par Christine Roth-Puyo - La Dépêche 28/02/2015